Mis à jour en août 2026.
Table des matières
- DHS, c’est quoi exactement ?
- Pourquoi les revêtements DHS sont différents des européens
- Les 3 gammes DHS à connaître
- Hurricane 3 ou Hurricane 3 NEO : quelle différence ?
- Faut-il booster un revêtement DHS ?
- Le système de dureté chinois expliqué
- Commercial, Provincial, National : les 3 qualités de mousse
- Quel revêtement DHS choisir selon votre niveau ?
- DHS ou Butterfly : que choisir ?
- Ce que vous ne trouverez pas ailleurs
- Questions fréquentes
DHS, c’est quoi exactement ?
DHS, pour Double Happiness, c’est la marque de tennis de table qui équipe l’équipe de Chine. Pas une partie de l’équipe. Toute l’équipe. Née à Shanghai en 1959, l’entreprise fournit les raquettes des meilleurs joueurs du monde depuis des décennies, et son Hurricane 3 est probablement le revêtement le plus titré de l’histoire du sport.
Ma Long, double champion olympique en simple (2016, 2020), joue en Hurricane 3 NEO. Fan Zhendong, champion olympique 2024, aussi. Wang Chuqin, longtemps n°1 mondial au classement ITTF, encore lui. Quand un joueur chinois domine le circuit, il y a de fortes chances qu’il joue en DHS.
Concrètement, la marque fabrique des revêtements, des bois, des raquettes complètes et des balles. Mais en Europe, on la connaît surtout pour ses plaques collantes, les fameux « tacky » chinois, vendues 2 à 3 fois moins cher que les modèles japonais ou allemands équivalents. C’est ce contraste qui intrigue, et c’est ce qu’on va décortiquer.
Points clés
- Le Hurricane 3 de DHS est le revêtement des champions chinois : Ma Long, Fan Zhendong, Wang Chuqin.
- Les plaques DHS sont collantes (tacky), dures et exigeantes physiquement, mais 2 à 3 fois moins chères que les européennes.
- Le NEO est pré-étiré en usine, les versions classiques demandent un boost pour donner leur pleine mesure.
- Il existe 3 qualités de mousse : Commercial, Provincial, National. Seule la première est vendue en grande distribution.
- Le 39° chinois n’a rien à voir avec un 39° européen. On vous explique le système plus bas.
Lecture : ~10 min.
Pourquoi les revêtements DHS sont différents des européens
Tout part d’une différence de philosophie. Un Butterfly Tenergy 05 ou un Tibhar MX-P génère de l’effet grâce à la vitesse de rebond de sa mousse tensor. Un DHS Hurricane 3, lui, s’appuie sur l’adhérence de sa surface. La gomme est collante, vraiment collante. Posez une balle dessus, elle reste accrochée quelques secondes.
Cette adhérence permet d’accrocher la balle très longtemps sur le topspin, et d’envoyer des rotations massives. Le revers de la médaille, c’est le rebond passif. Une plaque DHS non boostée renvoie peu de vitesse si vous ne faites que pousser la balle. « La vitesse du bois compense parfaitement le manque de dynamisme de la plaque de base », résume un joueur sur le forum tennis-de-table.com. Autrement dit : il faut un geste actif, voire un bois rapide.
Autre différence majeure : la dureté. Les mousses DHS vont de 37° à 41° sur l’échelle chinoise, qui n’a rien à voir avec l’échelle européenne. Un 40° chinois, c’est dur. Plus dur que la plupart des plaques de compétition vendues en France. Résultat : des sensations fermes, un contrôle précis, mais une prise en main qui surprend.
Les 3 gammes DHS à connaître
| Gamme | Caractère | Public visé | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Hurricane (3, 3 NEO, 8, 8-80) | Tacky, dur, rotation extrême | Joueurs offensifs confirmés | 30 à 50 € |
| Skyline (2, 3) | Tacky, plus ferme, trajectoire basse | Attaquants coups droits puissants | 30 à 45 € |
| Gold Arc, Tin Arc, 09c | Hybride, moins collant, plus dynamique | Joueurs de club habitués au tensor | 35 à 60 € |
La gamme Hurricane reste le cœur de la marque, et c’est elle qui concentre 90% des questions. Les Gold Arc et Tin Arc sont des tentatives plus récentes de séduire les joueurs européens habitués aux mousses vivantes. Elles collent moins, rebondissent plus, et font office de pont entre deux mondes.
Les prix ci-dessus concernent les versions Commercial, les seules vraiment distribuées en France. On verra plus bas ce que valent les versions supérieures.
Hurricane 3 ou Hurricane 3 NEO : quelle différence ?
La question revient sans arrêt sur les forums, et la réponse tient en un mot : la mousse. Le Hurricane 3 classique a une mousse neutre. Elle est dure, dense, et ne donne son potentiel qu’une fois boostée. Sans boost, beaucoup le trouvent « mort », surtout sur un bois lent.
Le NEO, lui, sort d’usine avec une mousse pré-étirée, ce que DHS appelle la technologie NEO. La mousse arrive en tension, un peu comme un tensor, ce qui lui donne un dynamisme correct dès la première utilisation. Le topspin part plus facilement, le jeu à mi-distance est plus vivant, et le rebond passif reste faible mais moins frustrant.
En clair : le NEO est le choix par défaut pour 9 joueurs sur 10. Le Hurricane 3 classique ne se justifie que si vous boostez systématiquement, ou si vous cherchez la sensation ultra-ferme des pros. Les données de RubberMetrics, qui teste et référence les revêtements du circuit, classent d’ailleurs le Hurricane 3 NEO comme une plaque à fort effet, idéale pour les styles OFF à OFF+.
Faut-il booster un revêtement DHS ?
Oui pour un Hurricane 3 classique. Non pour un NEO, en tout cas pas obligatoirement. C’est la réponse honnête, et elle vaut pour 95% des cas.
Le boost consiste à appliquer une huile ou une colle spéciale sur la mousse pour la faire gonfler. La mousse devient plus vivante, la plaque gagne en vitesse et en effet. C’est la technique utilisée par les joueurs chinois, et elle transforme un Hurricane 3 de « plaque molle » en arme redoutable.
Attention à deux pièges. D’abord la règle ITTF : le revêtement, colle comprise, ne doit pas dépasser 4 mm d’épaisseur. Un boost trop généreux peut vous faire recaler au contrôle de raquette en compétition. Ensuite, le boost se dégrade : comptez 3 à 6 semaines d’effet, puis il faut recommencer. Si vous n’avez pas envie de vous lancer dans ce rituel, prenez un NEO et passez à autre chose. Et si l’encollage vous bloque, notre guide de l’encollage des revêtements couvre la pose, le séchage et les erreurs à éviter.
Le système de dureté chinois expliqué
C’est l’angle que personne ne traite vraiment, et c’est pourtant là que se joue l’essentiel. Sur une plaque européenne, la dureté est indiquée en degrés « européens » : un 47,5° Tenergy est déjà ferme. Sur une DHS, on lit 39°, 40° ou 41°. Deux échelles, deux mesures, et aucune comparaison directe possible.
La règle pratique : un 39° chinois est déjà plus dur qu’un 47,5° européen. Un 40° est très ferme, un 41° est réservé aux athlètes qui frappent fort en permanence. La plupart des joueurs de club, même classés 15 ou 20, jouent en 39° ou 40°.
Pourquoi cette dureté élevée ? Parce que la surface collante compense. La gomme accroche tellement la balle que la mousse dure reste contrôlable. C’est un équilibre subtil : trop mou, la plaque devient pataude ; trop dur, elle punit le moindre geste incomplet.
Mon conseil si vous débutez sur DHS : prenez un Hurricane 3 NEO en 39°, mousse de 2,15 mm. C’est le compromis le plus sûr. Le 40° attendra que votre geste soit stable.
Commercial, Provincial, National : les 3 qualités de mousse
Voici le secret le mieux gardé de la marque, et celui qui explique les écarts de prix. DHS produit ses mousses en trois qualités, triées à la sortie d’usine. Les meilleures mousses, les plus homogènes, partent vers les versions Provincial puis National. Le reste devient Commercial.
Concrètement, une Hurricane 3 NEO Commercial coûte 35 à 50 €. La version Provincial monte à 60-90 €. La National, celle des internationaux chinois, se négocie au-delà de 100 € quand on la trouve, souvent avec la fameuse mousse bleue (blue sponge) réputée plus rapide et plus vivante.
La différence de jeu existe, mais elle est ténue. À niveau égal, la Provincial offre un contrôle plus régulier, une mousse mieux calibrée. La National ajoute une qualité de finition que seul un joueur entraîné perçoit vraiment. Pour un pongiste de club, la Commercial est largement suffisante. La Provincial ne se justifie que si vous êtes classé 15 ou plus et que vous sentez une irrégularité dans vos plaques.
Quel revêtement DHS choisir selon votre niveau ?
| Profil | Modèle recommandé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Débutant, première raquette | Hurricane 3 NEO 38° ou 39°, 2,15 mm | Tolérant, effet énorme, prix doux |
| Joueur de club offensif | Hurricane 3 NEO 39°, ou Hurricane 8 | Dynamisme et contrôle équilibrés |
| Classé 15 et plus | Hurricane 3 NEO Provincial 39-40° | Mousse calibrée, régularité en match |
| Habitué du tensor | Gold Arc 5 ou Tin Arc 3 | Rebond vivant, transition facile |
| Attaquant coups droits puissants | Skyline 3 | Trajectoire basse, rotation sèche |
Une précision importante : les DHS sont des plaques de coup droit dans l’immense majorité des cas. Leur poids élevé, 60 g et plus, et leur caractère exigeant les rendent difficiles à gérer en revers, sauf pour les joueurs entraînés. Beaucoup de pongistes montent un DHS au coup droit et un européen au revers. C’est une config classique, et elle fonctionne.
Si vous hésitez entre les familles de revêtements, notre guide pour choisir son revêtement de tennis de table replace les tacky, tensor et autres picots dans le paysage complet.
DHS ou Butterfly : que choisir ?
La question est inévitable, tant Butterfly domine les clubs français. La réponse courte : le DHS coûte deux fois moins cher et tourne plus fort, le Butterfly est plus vivant, plus tolérant, et demande moins de travail gestuel.
Le Tenergy 05 reste la référence du confort : rebond passif correct, top spin facile, prise en main immédiate. Le Hurricane 3 NEO offre plus de rotation sèche, une trajectoire plus profonde, mais punit les gestes paresseux. Les deux sont d’excellentes plaques, elles ne visent simplement pas le même joueur.
Le critère décisif, c’est votre temps d’entraînement. Vous jouez une fois par semaine, sans physique : Butterfly, sans hésiter. Vous vous entraînez plusieurs fois, vous acceptez une période d’adaptation de 2 à 3 semaines : le DHS vous donnera plus de sensations et d’effet pour moins cher. Pour creuser le sujet, notre analyse de ce que valent les revêtements Butterfly détaille les forces et faiblesses de la marque japonaise.
Ce que vous ne trouverez pas ailleurs
On a vu ce que disent les fiches produit et les forums. Voici ce qu’aucun d’eux ne vous dit clairement.
Le DHS est une plaque de progression, pas une plaque de résultat. Son caractère exigeant vous force à engager le bras, à finir vos gestes, à travailler la mise en rotation. Les joueurs qui passent six mois sur un Hurricane 3 NEO reviennent souvent avec un top spin plus propre, même quand ils changent ensuite de marque. C’est un outil d’école, au sens noble du terme.
La checklist d’achat DHS en 5 points :
- Vérifiez l’homologation ITTF sur la gomme, le logo doit être imprimé. Les revêtements DHS distribués en Europe le portent tous, mais les contrefaçons venues d’Asie pullulent sur les places de marché.
- Contrôlez la dureté avant d’acheter : 38-39° pour démarrer, 40° maximum en club, 41° seulement si vous frappez très fort.
- Choisissez l’épaisseur de mousse : 2,15 mm pour le contrôle, 2,2 mm pour la vitesse.
- Pesez la plaque : au-delà de 62 g, prévoyez un revers plus léger pour équilibrer la raquette.
- Achetez le NEO si vous ne voulez pas booster, la version classique sinon.
Un dernier point que personne ne mentionne : les DHS encaissent mal les chocs. Leur gomme collante se fissure sur les bords si vous posez la raquette à plat ou si elle cogne la table. Protégez les bords avec des bandes de protection, c’est presque obligatoire avec cette marque.
Questions fréquentes
Le Hurricane 3 NEO est-il adapté aux débutants ?
Pas en première raquette, non. Sa mousse dure et son rebond passif faible décourageront un joueur qui apprend encore à pousser la balle. En revanche, dès que le geste de top spin est esquissé, vers 6 à 12 mois de pratique, c’est une excellente plaque pour construire sa rotation.
Les revêtements DHS sont-ils homologués ITTF ?
Oui. Tous les modèles distribués officiellement portent le logo ITTF et figurent sur la liste des revêtements autorisés en compétition. Méfiez-vous seulement des contrefaçons achetées sur des places de marché sans revendeur agréé.
Combien coûte un revêtement DHS ?
Comptez 30 à 50 € pour un Hurricane 3 NEO Commercial, 60 à 90 € pour une version Provincial, et plus de 100 € pour une National, rare et réservée aux initiés. Les Gold Arc et Tin Arc se situent entre 35 et 60 €.
Quelle différence entre les mousses 39° et 40° ?
Un degré chinois, c’est déjà une vraie différence de sensation. Le 39° reste jouable avec un geste incomplet, le 40° exige une frappe franche pour donner sa pleine mesure. Les classés 15 et plus s’orientent généralement vers le 40°.
Faut-il booster un Hurricane 3 NEO ?
Non, ce n’est pas nécessaire. La mousse NEO est déjà pré-tensionnée, elle offre un dynamisme correct sans boost. Les joueurs de haut niveau boostent parfois légèrement, mais pour un usage club, collez la plaque simplement et jouez.
Conclusion
Les revêtements DHS ne sont pas magiques. Ce sont des plaques exigeantes, dures, collantes, qui demandent un geste engagé et un minimum d’adaptation. En échange, elles offrent une rotation exceptionnelle, un contrôle précis et un prix imbattable : 30 à 50 € pour la référence mondiale des champions.
Le bon choix se résume en trois questions. Quel est votre niveau ? Combien de temps jouez-vous par semaine ? Acceptez-vous de booster ? Débutant et joueur occasionnel : passez votre chemin, ou prenez un NEO en 39°. Joueur de club motivé : le Hurricane 3 NEO est l’un des meilleurs rapports qualité-prix du marché, et vous ne regretterez pas les semaines d’adaptation.
Et si vous hésitez encore, commencez par comparer avec les autres familles de revêtements dans notre guide complet, puis vérifiez les retours joueurs sur les forums spécialisés avant de commander. La bonne plaque existe, elle est peut-être chinoise.
